12 ans sans Coupe du monde — la Seconde Guerre mondiale avait effacé 1942 et 1946. Le Brésil, désireux de briller à domicile, construit le Maracanã (le plus grand stade du monde, encore inachevé à l'ouverture), et accueille 13 nations dans un format unique : pas de finale. Le vainqueur sort d'un tour final en mini-poule de 4 équipes.
Plusieurs nations se désistent : l'Argentine (dispute avec la CBF), la France, l'Écosse (refus malgré la qualification), l'Inde (forfait pour plusieurs raisons : contraintes financières et obligation de porter des chaussures imposée par la FIFA). Le Brésil écrase tout : 4-0 contre le Mexique, 2-0 contre la Yougoslavie, 7-1 contre la Suède et 6-1 contre l'Espagne au tour final (21 buts en 5 matchs !). Pendant ce temps, les États-Unis battent l'Angleterre 1-0 — l'un des plus grands exploits de l'histoire.
Au match décisif, le Brésil n'a besoin que d'un nul. L'Uruguay a besoin de gagner. Le trophée est déjà gravé et les journaux ont déjà imprimé leurs unes. Friaca ouvre le score (47'). Puis Schiaffino égalise (66'). Puis Ghiggia, 23 ans, reçoit le ballon sur l’aile droite à la 79ᵉ minute et, au lieu de centrer, tire au premier poteau. Barbosa, qui attendait le centre, est battu. 2-1 pour l'Uruguay. Le Maracanazo. Des centaines de personnes nécessitent des soins médicaux dans les tribunes.