La Suisse accueille le monde neuf ans après la fin de la guerre. Le format est unique : seules deux rencontres par groupe (les têtes de série ne se rencontrent pas), avec barrages si nécessaire. Le tournoi établit un record de moyenne offensive toujours imbattu : 140 buts en 26 matchs, soit 5,38 buts par rencontre. La Hongrie détruit la Corée du Sud 9-0 dès son premier match. Puis bat la RFA 8-3 en groupe — mais cette défaite cachait la ruse de Sepp Herberger : il avait délibérément aligné une équipe B pour ménager ses joueurs et analyser l'adversaire.
En quart, la Bataille de Berne (Hongrie 4-2 Brésil) voit 3 expulsions, des coups dans les couloirs et une rixe générale. L'Autriche défait la Suisse 7-5 dans le match le plus prolifique de l'histoire du Mondial (12 buts !). En demi, la Hongrie brise l'invincibilité légendaire de l'Uruguay (invaincus en Coupe du monde depuis la création du tournoi) en prolongation, 4-2.
En finale, la RFA est menée 0-2 après 8 minutes. Impossible. Mais Morlock (10') réduit, Rahn (18') égalise. Le gardien Toni Turek, héros du tournoi, multiplie les arrêts décisifs. À la 84ᵉ, Helmut Rahn reçoit le ballon décentré, part du pied droit, frappe du gauche dans les filets sous la pluie battante. Zimmermann crie. L'Allemagne est championne du monde. « Wir sind wieder wer » — nous sommes de nouveau quelqu'un.