L'Angleterre, berceau du football, n'avait jamais organisé ni remporté la Coupe du monde. En 1963, Alf Ramsey prend en main l'équipe et annonce sans détour : « Nous allons gagner la Coupe du monde. » Son système, les « Wingless Wonders » (sans ailiers), déconcerte les adversaires. Bobby Moore, 25 ans, est le capitaine le plus élégant que l'Angleterre ait jamais eu. Gordon Banks tient la cage. Bobby Charlton, miraculé du crash aérien de Munich, est le cerveau.
La révélation du tournoi : le Portugal d'Eusébio, 9 buts, dont son chef-d'œuvre de come-back contre la Corée du Nord (3-0 pour le Nord, 5-3 final). La grande chute : le Brésil, sans ses cadres en forme, éliminé dès la phase de groupes (3-1 contre la Hongrie et le Portugal). Le grand choc : la Corée du Nord 1-0 Italie, Pak Doo-ik passé à la postérité, les Azzurri rentrent sous les tomates.
En finale, tout bascule à la 89ᵉ quand Weber égalise (2-2) et force les prolongations. À la 101ᵉ, Hurst frappe, la balle tape la barre et rebondit sur (ou derrière ?) la ligne. L'arbitre donne goal. Aujourd'hui encore, aucune certitude. Puis à la 120ᵉ, avec des supporters sur la pelouse, Hurst applique le coup de grâce : 4-2. « It is now ! » Bobby Moore essuie soigneusement ses mains avant de serrer celles de la Reine.