La BBC choisit le « Nessun Dorma » de Pavarotti comme hymne de sa couverture. Le mariage entre l’opéra et le football est scellé. Le 7 juillet, la veille de la finale, a lieu au Thermes de Caracalla à Rome le tout premier concert des Trois Ténors (Pavarotti, Domingo, Carreras) devant 800 millions de téléspectateurs. Le tournoi a sa bande-son… mais le jeu ne suit pas vraiment, avec seulement 115 buts en 52 matchs — la plus faible moyenne de buts par match jamais enregistrée en Coupe du monde (2,21). Un tournoi souvent critiqué pour son manque de spectacle offensif, mais resté inoubliable pour ses émotions.
Roger Milla, 38 ans, devient le plus vieux buteur de l'histoire de la compétition (il battra son propre record à 42 ans en 1994), sorti de sa retraite par le président camerounais, enflamme le tournoi en sortie de banc : doublé décisif contre la Roumanie, puis nouveau doublé en 1/8 contre la Colombie qui envoie le Cameroun en quart — une première pour une nation africaine. Sa célèbre danse autour du poteau de corner devient l'image du tournoi. Le Cameroun avait également ouvert le Mondial en faisant tomber l'Argentine, championne du monde en titre, 1-0 grâce à une tête de François Omam-Biyik. Toto Schillaci, quasi-inconnu avant le tournoi (un seul match international), s’impose comme la star absolue : 6 buts, Soulier d’Or et Ballon d’Or. Paul Gascoigne (“Gazza”) pleure en demi-finale à Turin en recevant un carton jaune — image devenue iconique en Angleterre, souvent associée au renouveau du football anglais.
La finale, disputée à Rome, reste dans les mémoires comme l’une des finales les plus fermées et controversées de l’histoire, marquée par une approche extrêmement prudente, conclue par un penalty contesté de Brehme (85e). L’Argentine est privée de Caniggia, suspendu. Deux expulsions. Franz Beckenbauer soulève le trophée, devenant le deuxième homme à gagner la Coupe du monde comme joueur puis sélectionneur après Mário Zagallo, mais le premier à l'avoir fait en tant que capitaine (1974) puis entraîneur (1990). La FIFA tire les leçons : règle de la passe en retrait (1992) et victoire à 3 points (1994). Un tournoi qui a changé durablement le football moderne. La Coupe du monde 1990 en Italie est souvent considérée comme la plus défensive de l’histoire du football moderne.
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