Première Coupe du monde aux États-Unis, pays encore peu acquis au football à l’époque. Un pari risqué pour la FIFA — mais brillamment réussi : 3 587 538 spectateurs, un record absolu toujours inégalé (68 991 par match en moyenne). Le tournoi se dispute à 24 équipes, avec l’introduction de la victoire à 3 points, une règle destinée à encourager le jeu offensif. La France, l’Angleterre et le Danemark ne se qualifient pas.
Le scandale Maradona marque profondément la compétition. Le génie argentin, alors âgé de 33 ans, semble renaître après un 4-0 contre la Grèce (sa célébration aux yeux exorbités, face caméra, devient iconique). Mais la FIFA annonce rapidement un contrôle positif à plusieurs stimulants. Suspendu 15 mois, il quitte le tournoi en larmes. C’est la fin brutale de sa carrière internationale en sélection. Dans le même temps, la Bulgarie s’impose comme la grande surprise du tournoi, en se hissant jusqu’en demi-finales, éliminant l’Allemagne 2-1 en quart de finale (Stoichkov puis Letchkov de la tête).
La finale entre le Brésil et l’Italie se termine sur un 0-0 après prolongation — une première dans l’histoire de la Coupe du monde. Tout se décide lors de la séance de tirs au but — une première en finale. Baresi puis Massaro échouent côté italien. Le destin de l’Italie repose alors sur Roberto Baggio, héros de toute une nation durant tout le tournoi. Il s’élance… mais le ballon s’envole au-dessus de la barre. Tête basse, mains sur les hanches : une image devenue iconique, symbole de l’un des moments les plus tragiques de l’histoire du football. Le Brésil décroche son 4ᵉ titre mondial, dédié à Ayrton Senna, disparu quelques mois plus tôt.