La Coupe du monde Allemagne 2006 reste l’une des éditions les plus marquantes de l’histoire. La 18e édition se tient pour la deuxième fois en Allemagne, sous le slogan « A Time to Make Friends » (« Le temps de se faire des amis »). Les Allemands surprennent le monde entier par leur accueil chaleureux et leur ferveur. Les zones de supporters envahissent villes et places, les drapeaux noirs, rouges et or ornent les façades — une fierté nationale longtemps contenue, qui s’exprime enfin au grand jour. C’est le « Sommermärchen », le conte de fées de cet été.
L'Italie arrive sous le nuage du scandale Calciopoli (manipulation des désignations arbitrales en Serie A), mais le groupe se soude et développe un football de très haut niveau. Cannavaro est impérial en défense. L’Italie n'encaisse que deux buts dans le tournoi (un contre son camp, un penalty). En demi-finale contre l'Allemagne, Fabio Grosso inscrit un but décisif à la 119e minute de jeu, Del Piero ajoute un second but — le conte s’arrête pour les hôtes. La France se relance après une phase de groupes poussive : Zidane, annoncé en fin de carrière, régale en huitième de finale contre l'Espagne, puis écarte le Brésil et le Portugal.
La finale France-Italie 2006 entre dans la légende du football. Zidane ouvre le score sur une Panenka légendaire à la 7e minute (pen.). Materazzi égalise de la tête. Puis à la 110e, après une altercation verbale avec Materazzi — le numéro 10 se retourne et assène un coup de tête au torse de l'Italien. Il reçoit un carton rouge et quitte la pelouse, passant devant le trophée sans le regarder. L'Italie gagne aux tirs au but (5-3, Trezeguet sur la barre).